Des vies normales ?
Frédéric Rochet 30/12/2020

 

 

Avec les expériences de confinement et de déconfinement, de « Stop and Go » (liées à l’arrêt et au redémarrage de l’activité), nous pouvons avoir le sentiment que les vies que nous menons ne sont pas des « vies normales ».

Il est vrai que certains espèrent du vaccin un retour à la vie d’avant, qualifiée de « normale ». D’autres au contraire aspirent désormais à une vie nouvelle, capable de satisfaire des besoins jugés désormais essentiels pour le corps et l’âme : accéder à la nature, vivre dans un environnement non pollué, disposer de temps pour s’occuper de sa famille, se sentir en sécurité, entretenir la convivialité, occuper un travail qui ait un sens et qui soit utile pour les autres et pour la planète, etc.

Cette crise sanitaire nous oblige à regarder en face la vie qui est la nôtre, la vulnérabilité de nos existences et de nos sociétés, l’ampleur des inégalités et des failles qui traversent la planète. Nous prenons conscience que nous vivons dans un monde malade.

Comment rester sain dans un monde malade ? Krisnamurti pense que ce n’est pas un signe de bonne santé mentale de bien s’adapter à une société malade ! C’est pourtant ce que nous faisons en permanence : nous ajuster tant bien que mal aux changement et sollicitations de notre milieu, même si celui-ci ne répond pas à nos besoins essentiels. Nous avons appris à nous saisir de ce qui est bon, à rejeter ce qui est mauvais pour notre survie et notre croissance, mais sans remettre en cause fondamentalement le milieu dans lequel nous vivons.

Dans ce désir d’une « vie normale », il y a le désir authentique de rompre avec un mode de vie et un modèle de développement qui à ce stade ne répond plus à nos besoins.

Laissons-nous interroger et inspirer par ces récits de ruptures individuels et collectifs. Ils peuvent nous aider à discerner ce qui a de la valeur dans nos vies et qui mérite d’être sauvé, d’être au clair avec nos propres besoins et désirs, de nous questionner sur nos croyances d’une « vie bonne ».

Peut-être y trouverons-nous aussi la force, le courage pour changer dans nos vies et dans nos sociétés ce qui ne convient plus.

Frédéric Rochet

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